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La méditation

Par Louise Perche

La méditation est un sujet d'actualité. A la maison, au travail et même à l'école, les programmes et applications de méditation fleurissent dans tous les domaines de notre vie. Qu’est-ce que la méditation et la pleine conscience ? Comment la méditation est-elle arrivée au-devant de la scène médiatique ? Et au fait ? La méditation rend-elle les apprenants plus concentrés ? Allons voir cela de plus près !


Méditation et pleine conscience

Tout d'abord, il faut préciser qu'il existe de nombreuses formes de méditations. Celle qui a été le plus médiatisée, notamment grâce à Christophe André, est celle de la méditation pleine conscience.

La méditation pleine conscience a été définie comme « le fait de faire attention dans un but particulier : volontairement, dans le moment présent et sans jugement » (Kabat-Zinn, 1994).

Cette pratique de la méditation permet le développement de la pleine conscience : cette capacité que nous avons à pouvoir porter intentionnellement notre attention au moment présent avec bienveillance et sans jugement (Kabat-Zinn, 1990). La capacité de pleine conscience est une habileté présente chez tous les individus à des niveaux variables. Être en pleine conscience, c’est s’engager activement dans le présent (Baer et al., 2006).

Historique des recherches en méditation


Pour comprendre l'engouement actuel de la méditation dans les médias, étudions l'historique des recherches qui ont porté sur la méditation.


Les premières recherches portant sur le sujet ont tenté d’observer les bienfaits d’une pratique experte de la méditation chez des moines bouddhistes grâce à l’éclairage des neurosciences (Davidson & Lutz, 2008) et donc l’impact sur le cerveau et les capacités cognitives des experts de ce genre de pratique. Les résultats observés montrent :

  • une meilleure gestion des émotions négatives et stressantes de la part des méditants

  • des effets positifs sur la connectivité du cerveau, notamment sur les réseaux de neurones qui connectent les différentes régions du cerveau entre elles: la matière blanche.

La découverte marque le monde de la recherche sur la méditation: on observe des changements positifs et durables dans la structure, la connectivité et les activations cérébrales des moines bouddhistes.

Aux vues des résultats encourageants, les chercheurs se sont ensuite penchés sur l’utilisation de telles techniques dans le cadre de populations cliniques telles que des patients dépressifs ou anxieux en mettant en place des programmes de plusieurs semaines.


Encore une fois, les résultats sont bluffants. Ils montrent une augmentation du bien-être et une réduction des symptômes d’anxiété et de dépression grâce aux programmes de méditation non seulement dans les populations cliniques mais aussi dans les populations générales (Marchand, 2012).


Grâce à ces avancées scientifiques, la méditation a peu à peu capté l’intérêt de différents acteurs et a été de plus en plus médiatisée. C’est à partir de ce moment que de nombreux programmes de méditation ont vu le jour dans les écoles, dans les universités et même au sein des entreprises.


La méditation pleine conscience rend-elle les apprenants plus concentrés ?

C’est la grande question posée par l’apparition de ces programmes qui ont vu le jour avant même que la recherche ne mette en avant des analyses fines des effets de la méditation dans les contextes scolaires et de formation.

En effet, il ne faut pas oublier que le champ de recherche sur la méditation est en pleine expansion depuis les années 2000 mais reste un champ de recherche relativement jeune. Des avancées scientifiques ont été faites, mais de nombreuses zones d’ombres restent encore à explorer car la méditation est un sujet d’étude complexe et protéiforme.

Cependant, de nombreux résultats montrent un impact positif de la méditation sur le bien-être (Durlak et al. 2011) et dans le cadre des fonctions cognitives, l’un des résultats les plus robuste de la méditation est l’amélioration de l’attention focalisée des apprenants et la réduction du vagabondage de la pensée. (Rahl et al. 2017).


Le vagabondage de la pensée c’est une situation dans laquelle notre attention s'éloigne de la tâche principale pour se concentrer sur le traitement d'objectifs personnels. Si vous voulez en savoir plus sur le vagabondage de la pensée, un article du Mag Du Lab est disponible juste ici !


Nous avons vu dans ce précédent article que le vagabondage de la pensée peut avoir des effets délétères sur la compréhension et les performances des apprenants. En effet, lorsque notre attention n’est pas focalisée sur la formation, il est difficile de comprendre et retenir le contenu de la séance.


C’est justement là que la méditation peut avoir un impact positif dans le cadre de la formation. Pourquoi ? Parce que méditer, c’est apprendre à détecter les moments où notre attention n’est plus focalisée sur la tâche pour la ramener sans jugement sur l’objet cible de notre attention. Dans ce contexte, la méditation peut être considérée comme un exercice attentionnel.

Ainsi, favoriser la pleine conscience en contexte d'apprentissage permettrait aux apprenants de focaliser leur attention sur le moment de la formation et contribuerait à leur engagement.

Evidemment, on ne devient pas expert de la pleine conscience grâce à un seul exercice de méditation. Cela demande un peu d'entraînement, et une pratique régulière.

Cependant, si la méditation semble avoir un impact positif sur la concentration des apprenants lors de la mise en place de programmes de méditation sur plusieurs semaines, les recherches récentes se focalisent sur l’impact d’un exercice court de méditation sur les capacités cognitives, et les premiers résultats semblent également positifs ! (Jankowski et Holas, 2020).


En conclusion

La méditation en pleine conscience est une méditation de pleine présence.

Envisagée dans le cadre de la formation, elle peut être un moyen, avant le début de celle-ci, de proposer un moment privilégié aux apprenants pour leur donner l’opportunité de se couper des préoccupations externes et leur permettre d'être plus focalisés sur l'objet de la formation.

Et si vous voulez des outils pour pratiquer la méditation, il existe de nombreuses applications qui vous offrent cette opportunité (Petit Bambou, Zenfie, Pleine Conscience, Namatata etc.)


La Team Lab


Bibliographie

Baer, R. A., Smith, G. T., Hopkins, J., Krietemeyer, J., & Toney, L. (2006). Using self-report assessment methods to explore facets of mindfulness. Assessment, 13(1), 27-45.


Davidson, R. J., & Lutz, A. (2008). Buddha's brain: Neuroplasticity and meditation [in the spotlight]. IEEE signal processing magazine, 25(1), 176-174.


Durlak, J. A., Weissberg, R. P., Dymnicki, A. B., Taylor, R. D., & Schellinger, K. B. (2011). The impact of enhancing students’ social and emotional learning: A meta‐analysis of school‐based universal interventions. Child development, 82(1), 405-432.


Jankowski, T., & Holas, P. (2020). Effects of brief mindfulness meditation on attention switching. Mindfulness, 1-9.


Kabat-Zinn, J. (1990). Using the wisdom of your body and mind to face stress, pain, and illness. New York, NY: Bantam Doubleday Dell.


Kabat-Zinn, J. (1994). Wherever you go, there you are: mindfulness meditation in everyday. Life.

Marchand, W. R. (2012). Mindfulness-based stress reduction, mindfulness-based cognitive therapy, and Zen meditation for depression, anxiety, pain, and psychological distress. Journal of Psychiatric Practice®, 18(4), 233-252.


Rahl, H. A., Lindsay, E. K., Pacilio, L. E., Brown, K. W., & Creswell, J. D. (2017). Brief mindfulness meditation training reduces mind wandering: The critical role of acceptance. Emotion, 17(2), 224.



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